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Commercer sur la frontière de 1258, entre Fenouillèdes et Roussillon-Conflent

Conférence du 25 février 2020



 

En 1258 Jacques le Conquérant, roi d’Aragon et Louis IX, roi de France signent le traité de Corbeil, un traité de paix qui a pour conséquence  d’établir de facto une frontière entre leurs royaumes respectifs.

Localement, son tracé vient se superposer aux limites de l’ancienne vicomté de Fenouillèdes, désormais sous domination française, et à celles des comtés de Roussillon et de Cerdagne, successivement sous domination majorquine (1262-1344) puis aragonaise (1344-1463). Mais en 1463, la frontière devient caduque avec l’annexion du Roussillon par le roi de France Louis XI, marquant ainsi la fin du destin médiéval de cette ligne de démarcation… Elle sera définitivement supprimée en 1659 avec le traité des Pyrénées.

Si d’un point de géopolitique le traité de Corbeil instaure effectivement une séparation entre deux royaumes en voie vers leur unification territoriale, administrative et institutionnelle, elle n’entrave cependant pas les contacts sociaux, économiques et culturels entre les populations limitrophes.

Les notaires des bourgs frontaliers de Millas et d’Ille-sur-Têt sont les meilleurs témoins de ces relations transfrontalières. Leurs registres, conservés aux Archive départementales des Pyrénées Orientales, recensent de nombreux actes à caractère économique mettant en évidence cinq marchandises caractéristiques des échanges économiques transfrontaliers : le bois, le fer, la laine, les bêtes et les céréales.

En outre, les sources de la pratique notariale roussillonnaise du XIIIe au XVe siècle permettent de connaître l’identité des acteurs commerciaux, les modalités des échanges dans le contexte transfrontalier et de retracer certaines migrations marchandes.

Margault Coste, doctorante contractuelle à l’Université de Perpignan Via Domitia.