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Campagne d’Orient de l’aumônier Gaston Bourguet

Campagne d’Orient de l’aumônier Gaston Bourguet

1915/1916

Pendant la Grande guerre, le front occidental se fige après la course à la mer à la fin de 1914.

Au sud les Serbes parviennent d’abord à tenir tête aux troupes autrichiennes et ce front demeure longtemps secondaire après le déclenchement des hostilités. Mais la stagnation du front français lui donne une valeur nouvelle dans le cadre de la stratégie périphérique pour déstabiliser l’Autriche et la Turquie. Celle-ci étant entrée en guerre le 29 octobre 1914 aux côtés des Empires centraux, l’expédition franco-britannique des Dardanelles (février 1915-janvier 1916) est décidée afin de rompre l’isolement naval de la Russie en ouvrant un nouveau front en Orient.


Dans un premier temps il s’agit de réduire les défenses turques des Dardanelles pour permettre aux forces navales de pénétrer en mer de Marmara jusqu’à Constantinople. Mais le forcement des Dardanelles s’avère vite compromis parce que les Turcs, avertis dès novembre 1914 du projet, se sont dotés avec l’aide des Allemands de moyens de défense particulièrement redoutables. Les 31 forts du détroit sont équipés d’une centaine de canons de 355 et 240. Les effectifs turcs dans la seule presqu’île de Gallipoli sont au moins de 50 000 hommes.

Les tentatives menées contre l’armée ottomane se soldent par un échec cuisant : en 1915, l’expédition des Dardanelles tourne au désastre naval, et le débarquement dans la presqu’île de Gallipoli s’avère une impasse sanglante. En 1916, les alliés rembarquent et se regroupent autour du port macédonien de Salonique.

Le Service de Santé joue aux Dardanelles un rôle primordial. Le camp de Seddul-Bahr où sont installés les soutiens du corps expéditionnaire (intendance, réserves de matériel, ambulances...) est soumis à un pilonnage d’artillerie incessant qui interdit l’installation d’hôpitaux à terre. D’où l’importance des navires-hôpitaux qui doivent fonctionner comme des hôpitaux de première ligne. Ils reçoivent les blessés directement de la ligne de feu après un triage sommaire sur le terrain. Le "Canada", le "Duguay-Trouin", le "Tchad" et la Bretagne, mouillés sous le cap Hellès à quelques miles de la côte, chargent les blessés amenés par chalands et appareillent aussitôt, soit pour la base proche de Moudros dans la partie septentrionale de l’île de Lemnos, pour Alexandrie, soit directement pour Bizerte ou Toulon avec les blessés les plus graves souvent opérés en urgence. De mai 1915 à mars 1917 le Tchad, à lui seul, effectue 21 voyages sanitaires.

Gaston Bourguet, né à Brusque (Aveyron) est un des pasteurs protestants de l’Église réformée du Vigan (Gard), âgé de 37 ans, il a cinq enfants en 1914i (il en aura sept au total en 1920). 2e classe il est mobilisé dans la 15e section territoriale d’infirmiers militaires à Marseille. Il souhaite devenir aumônier militaire dans la marine ; en décembre 1914 il demande son appui à Marcellin Pellet (1) fournit un certificat médical « constatant qu’il peut supporter les fatigues de l’embarquement en temps de guerre » et obtient en janvier 1915 un poste d’aumônier militaire temporaire de la flotte. Il monte à bord du " Duguay-Trouin"et doit débarquer pour monter à bord du navire-hôpital « France IV » à Toulon en janvier 1915. Il est affecté au "Tchad " mais il est malade et  hospitalisé pour une « angine membraneuse sans bacille diphtérique » du 8 au 22 février 1915. Sorti il est mis au repos pendant deux mois pour sa convalescence.



Au printemps 1915, il part en Orient. C’est du "Duguay–Trouin" qu’il écrit à ses siens et leur raconte la campagne d’Orient. Il passe ensuite sur le  "France IV" qui est désarmé et G. Bourguet doit  recevoir une affectation sur le « Sphinx ».




Mais en avril 1916, il est malade et ne peut embarquer. En septembre 1916, il est rétabli et demande à nouveau un poste d’aumônier à Salonique qui lui est refusé. Le 11 octobre 1916, il est libéré provisoirement comme père de cinq enfants vivants et renvoyé dans ses foyers.

De son navire-hôpital, il écrit à son collègue et à ses paroissiens et après sa démobilisation fait une conférence qui leur fait connaître la vie sur le navire-hôpital en campagne.Voici quelques extraits  de ses documents personnels .

Madeleine Souche

Lettre de Salonique

Salonique à bord du Duguay-Trouin

Le 12 novembre 1915

Partis de Toulon le 11 octobre, nous avons l’ordre, en cours de route, de nous rendre directement à Salonique pour recevoir les premiers blessés du front de Serbie. Trois semaines se sont écoulées dans l’attente. Nous venons enfin d’embarquer 550 de nos malheureux soldats, tombés pour la plupart en territoire bulgare en attaquant à la baïonnette plusieurs villages ennemis dont ils ont réussi à s’emparer. Les premiers combats de Serbie n’ont pas été très meurtriers pour nos soldats ; il n’en pas été de même pour nos ennemis bulgares, qui du fait de l’entrée en guerre de notre 75, ont subi des pertes extrêmement élevées.

 

Canon  de 75

Bulgares

Les nôtres se chiffrent jusqu’ici par quelques centaines de blessés la plus part peu graves. Ce sont quelques uns de ces plus vaillants, qui les premiers ont eu l’honneur de planter le drapeau français en terre bulgare que nous avons accueillis à bras ouverts, hier et aujourd’hui. Demain à cette heure très probablement nous aurons quitté la baie de Salonique et nous ferons route vers Alexandrie .

 


 

 

 

 

Le 20 novembre 1915

Je reprends après huit jours d’interruption ma lettre du 12. [...]

Le 12 novembre à 11 heures, 50 nouveaux blessés ont été conduits à bord sur un remorqueur ; une heure après nous levions l’ancre et nous partions pour l’Egypte. Un temps merveilleux a facilité notre traversée de la mer Egée et de la Méditerranée ; moins de trois jours après sans que le moindre incident de route se soit produit nous avions couvert les 675 miles (1350 kilomètres) qui séparent Salonique d’Alexandrie et nous avions la satisfaction de déposer nos chers soldats sur la terre égyptienne […]. Les trois quarts nous ont quitté à l’arrivée, de superbes autos anglaises d’ambulance sont venues les prendre et les ont répartis dans divers hôpitaux de la ville. Les autres ont passé la nuit à bord et sont partis pour Le Caire, en train sanitaire, le lendemain matin.

Hôpital Alexandrie

Notre dernière évacuation de blessés peut être appelée « évacuation des fracturés ». Presque tous ceux qui sont tombés parmi les nôtres dans les premiers jours ont été frappés par des balles au bras, à la jambe, à l’épaule, à la tête,  et ces derniers ont été frappés de façon si heureuse qu’on peut escompter pour eux aussi la guérison.


Lettre du 17 décembre 1915, Cap Hellès (Détroit des Dardanelles)

 



 

À bord du Duguay-Trouin

… Mon navire–hôpital est depuis quinze jours à l’entrée du fameux détroit (2 ), mouillé tout près de la côte européenne. Devant nous, à gauche, se dressent des falaises rocheuses et se creuse une petite baie où est abrité le camp anglais,

 

 

à droite, à la pointe de la presqu’île de Galipolli, le vieux village turc de Seddub Bahr  nous montre son château démoli et ses maisons en ruines.

 

 

 

 

Tout près de nous flotte une bouée nous indiquant l’emplacement du Majestic et nous sommes mouillés sur les lieux où a été torpillé et coulé le Carthage.

Le Carthage

Depuis sept mois que le combat dure sur la presqu’île, la situation n’a pas changé. Ici comme sur le front français c’est une guerre lente, une guerre d’usure avec les mêmes procédés d’attaque et de défense.


Derrière les tranchées à créneaux que protègent des sacs de terre et des fils de fer barbelés, les combattants s’observent. Pendant les mois d’été, nos troupes se sont organisées ; les tranchées ont été assainies et rendues habitables, les emplacements de l’arrière sont d’un pittoresque, je dirai presque d’une élégance achevée. La fantaisie et l’ingéniosité de nos soldats se sont donné libre carrière. Dans le vieux village aux murs crevés, aux toitures démolies, où tout n’était que ruine et décombre, et tout autour, un village nouveau a vu le jour. On y voit des routes, de vraies routes empierrés à l’aide d’un cylindre à vapeur, des huttes, des cabanes, des cagnas, des villas, des abris souterrains, des fontaines et un bâtiment de bains-douches qui pourrait presque rivaliser avec le nôtre de la rue du Pont. Dans leurs abris précaires qu’un obus, d’un instant à l’autre, menace de détruire, nos soldats vaillants et résignés ont appris à être contents de l’état où ils se trouvent. […]


Nous vivons depuis quinze jours au milieu d’émotions continuelles, les batteries turques de la côte d’Asie, demeurées longtemps silencieuses, se sont réveillées soudain de leur torpeur.



Nuit et jour les canons font entendre leur grande voix, les obus déchirent l’air de leur sifflement terrible et vont éclater sur les deux rives à grand fracas. Le camp anglais est particulièrement visé par les Turcs ces jours-ci et nous sommes aux premières loges pour voir les gerbes d’eau, de fumée et de terre soulevées par l’éclatement des « marmites ».


 

Nous n’avons reçu jusqu’ici que 70 blessés, mais des blessés graves […].

 

 

Sur le nombre une trentaine de noirs, des Sénégalais, des Soudanais, des Martiniquais et de beaux échantillons de la Guinée et de la Guadeloupe. Nos pauvres soldats nègres ont été très éprouvés par les premiers froids de novembre qui ont été très vifs aux Dardanelles, comme à Salonique et en Serbie. La neige qu’ils voyaient tomber pour la première fois les a certainement plus épouvantés que les balles turques. Transis de froid au fond de leurs tranchées, enveloppés de la tête au pied de leurs couvertures, ils auraient été incapable de se défendre en cas d’attaque. Heureusement les Turcs n’ont pas bougé. Ils ont droit à toute notre reconnaissance nos frères noirs qui se battent à côté de nos soldats. Ce sont des Français au même titre que nous puisqu’ils versent généreusement leur sang pour la France.


Et ce sont nos frères aussi (ne leur marchandons pas ce mot) puisqu’ils partagent la vie de nos propres soldats. Ce sera, je l’espère un des bienfaits de la grande guerre de nous apprendre à aimer ceux qui nous considérions trop jusqu’ici comme des êtres inférieurs et de nous avoir rapprochés d’eux. Jusqu’ici, je dois l’avouer, je ne m’étais pas assez occupé d’eux. J’ai senti cette lacune et je m’efforce de réparer mon oubli par un redoublement d’amour, de prévenance, de soins Ils sourient de toute la blancheur de leur dents quand ils me voient arriver et tendent des mains avides pour recevoir quelque chose. […]


Conférence : un navire-hôpital

…Tout mon mérite consiste à les avoir suivi pendant près de deux ans sur le front français d’abord en qualité d’infirmier militaire puis sur le front oriental, aux Dardanelles, à Salonique, à Corfou, jusque sur les fronts les plus éloignés où ils ont porté l’éclat de leurs armes.[…]

Je ne voudrais pas glorifier nos soldats plus qu’il ne convient et vous laisser croire que ces hommes et jeunes gens que nous avons connus avant la guerre et qui avaient des défauts et des tares que nous pasteurs étions le premiers à reconnaître et à regretter sont devenus du fait de la guerre, sont tous devenus des héros d’épopée et de légende, mais il me sera bien permis de dire la grande admiration que j’ai senti en les voyant vivre, et surtout en les voyant souffrir et mourir.[…]

Mes premiers souvenirs d’Orient datent du printemps de l’année 1915. Nommé aumônier de la flotte en janvier de la même année, une très grave maladie m’a obligé à suspendre mon activité pendant trois mois. Lorsque ma santé a été suffisamment rétablie, je suis allé rejoindre mon bateau envoyé de la mer du Nord aux Dardanelles […].

Vous avez probablement entendu parler par des gens qui sont allés là-bas des Dardanelles et de la malheureuse campagne sur la presqu’île de Gallipoli qui s’est terminée hélas ! par un échec (3). J’ai suivi d’aussi près que possible toutes les péripéties de la terrible lutte qui s’est déroulée là-bas dans ces parages inhospitaliers. Au début tout paraissait beau et facile, nous allions tous là-bas persuadés qu’au bout de quelques semaines tout serait fini et glorieusement fini pour nous. On n’avait pas suffisamment compté avec la résistance turque qui s’est montré de plus en plus dure au fur et à mesure que les secours et les renforts arrivaient du côté allemand. Nous avons vécu là-bas les jours les plus pénibles qui se puissent imaginer et ce qu’il y avait de plus admirable c’était de voir avec quel héroïsme nos soldats tenaient, luttaient pour arracher à l’ennemi quelques pouces de terrain sous les feux de l’ennemi qui venait de plusieurs côtés à la fois.

Notre mission consistait à aller mouiller aussi près que possible de la côte turque pour recevoir tous les blessés de la presqu’île à mesure qu’ils étaient évacués de terre. Le navire-hôpital mouillé tout près d’eux et qu’ils pouvaient contempler de leurs tranchées représentait un coin de la France, c’était l’asile où ils étaient sûrs de trouver le réconfort et les soins dont ils avaient besoin, s’ils venaient à être blessés ou malades […].

Un navire -hôpital

Qu’est-ce au juste un navire-hôpital ?

Le nom l’indique c’est un bateau convenablement aménagé pour recevoir et soigner des malades. Ce n’est pas naturellement un navire de guerre. Dépourvu de tout moyen de défense, il n’est protégé de toute attaque sous-marine que par le caractère essentiellement humanitaire de sa mission. La convention de la Haye a prévu la création et l’aménagement de navires-hôpitaux en temps de guerre et arrêté les signes qui les font reconnaître.


Un navire-hôpital se distingue des autres navires par sa robe blanche autour de laquelle est passée une ceinture verte. Les croix rouges sont peintes sur ses flancs, une croix rouge lumineuse et des lampes électriques la font reconnaître la nuit. Le bateau devrait être à l’abri de toute attaque. Nous n’avons jamais été attaqués. Les canons turcs sous le feu, desquels nous nous sommes trouvés pendant très longtemps nous ont toujours respectés. Je n’en dirai pas autant des avions boches qui ont jeté des bombes. Quelques navires-hôpitaux russes et anglais ont été attaqués et coulés (le Britanic, un russe dans la Mer noire, un français dans l’Adriatique).

Danger des mines Il y a toujours à redouter de mauvais coups d’adversaires déloyaux.

Leur nombre Leur nombre s’est accru à mesure que l’envoi de nos troupes est devenu lus considérable. De six le chiffre s’est élevé à huit, puis à quatorze. Il en est de toutes dimensions depuis le Duguay-Trouin, un des plus petits et des moins rapides jusqu’à la France IV, le plus grand et le plus beau transatlantique.



Les plus petits peuvent recevoir 4 à 500 blessés et le plus grand, près de 3 000. Le Mauritania (265 mètres de long) anglais peut contenir de 4 à 5 000 blessés ou malades.

Personnel Équipage, médecins, infirmiers, soldats infirmiers, dames de la Croix rouge et aumôniers.

Installation Vastes salles bien aménagées avec un certain confort.

D’abord il n’y avait que des hamacs et des couchettes assez insuffisantes, puis comme pour les trains sanitaires un certain confort est venu, des lits.

L’installation des grands bateaux (France, Sphinx) est une merveille. Il y a tout ce qu’on peut souhaiter, de vastes salles, de vrais et bons lits pour les malades, des salles d’opération, de bain, de radiographie. Il y a surtout un personnel capable et dévoué pour soigner toutes les maladies, des cœurs sympathiques  et dévoués pour compatir à toutes les souffrances de nos soldats.


II

Entrons dans ces salles où viennent d’être déposés couverts parfois des plaies les plus horribles des centaines et des centaines de nos malheureux soldats. Quelle vision de douleur et de misères.

Voici une de nos évacuations (21 juin 1915 aux Dardanelles)

À la suite d’une grosse attaque, notre bateau s’est rempli le même jour en quelques heures. Des remorqueurs, des embarcations arrivent jusqu’à la nuit, déversant leurs flots de souffrance et d’horreur. On note tous ceux qui arrivent, les plus valides marchent ou se traînent soutenus, les autres sont hissés délicatement sur leurs brancards, immobiles comme des momies ensanglantées, à l’aide d’un ascenseur.

Le bateau est plein, il en arrive encore dans la nuit, on les met partout car il n’y a plus de place. Que faire pour venir en aide à tant de malheureux ? Quel embarras ! il faut soigner les premiers arrivants, passer une heure quelquefois à soigner l’un et pendant ce temps, une centaine d’autres attendent. Il faudrait pouvoir s’occuper de tous à la fois.

J’ai vu les plaies les plus horribles (faces et fesses enlevées, ventres ouverts etc.). Une vision de l’enfer du Dante. Les malheureux se traînaient jusqu’à la salle d’opération, suppliant qu’on leur enlevât a la jambe, qu’on leur coupât le bras etc. Mais à part quelques scènes effroyables dans le genre de celle-ci, le plus souvent nos soldats supportent leurs souffrances avec un calme et une résignation sublime.[…]

Que de vies humaines ont été sauvées sur nos navires-hôpitaux, grâce aux rayons X (4) qui découvrent immédiatement le lieu et la nature de la blessure, grâce à la capacité des chirurgiens qui font à bord les opérations les plus graves. Mr Avérans. J’ai vu mon médecin-chef pleurant parce que, après avoir travaillé nuit et jour , il n’était pas parvenu au bout de sa besogne.

[…]

Soins spirituels. Il ya aussi des aumôniers. Les soins spirituels et moraux ne sont pas moins nécessaires que les autres […]

Entente avec l’aumônier catholique. Lui s’occupait surtout des mourants, moi des autres, sans distinction de culte.

J’ai distribué beaucoup d’évangiles, prié au chevet de tous ceux que je pouvais approcher et personne n’y trouvait à redire, bien au contraire.

Mes deux collègues catholiques avaient confiance en moi. Comment faire à cette œuvre du prosélytisme. Il s’agissait de porter secours comme le bon Samaritain, de parler de notre Père céleste et de notre Sauveur commun.

Distribution de beaucoup d’effets, de vêtements et de douceurs.

Poches bourrées de toutes sortes de choses très appréciées de nos soldats (une tranche d’orange, un berlingot, une goutte d’eau de Cologne) […].

Parler au besoin des cultes et des immersions.

 

Notes

1 Marcellin Pellet, né le 4 mai 1849 à Saint-Hippolyte-du-Fort et décédé à Valleraugue en 1942, protestant,auteur d'ouvrages sur la Révolution française1, avocat, député du Gard et diplomate , plusieurs fois consul, ministre plénipotentiaire de première classe (1904).

2  Les Dardanelles L'expédition, préconisée par W. Churchill premier lord de l'Amirauté,  est décidée en janvier 1915.

L'attaque navale, prévue initialement le 19 février 1915, est retardée à cause des mauvaises conditions climatiques et ne débute finalement que le 26 février.  Les bombardements sont inefficaces face aux fortins côtiers turcs qui résistent avec des unités organisées et opiniâtres. De la même façon, l’opération de déminage des détroits échoue devant l’armée turque qui établit sans cesse de nouveaux champs de mines. Ces derniers causent ainsi la perte du cuirassé français Bouvet avec ses 600 membres d’équipage et endommagent 6 des 9 navires de guerre alliés engagés dans l'opération. Cette attaque incite les Turcs à renforcer leur dispositif dans le secteur des Détroits alors que les Alliés envisagent tardivement une opération terrestre en complément des moyens de la marine. L’effet de surprise a disparu. Aussi, à compter du 25 mars, les Turcs constituent une armée, commandée par le général allemand Otto LIMAN von SANDERS, afin d'assurer la protection de la région.  Les tergiversations des Alliés leur laissent près d’un mois pour compléter les défenses côtières.

3 Echec à Gallipoli.

Les Britanniques décidèrent donc de débarquer sur la presqu'île de Gallipoli tandis qu'un débarquement de diversion aurait lieu sur la côte asiatique à Koum Kaleh.

La campagne terrestre débute le 25 avril . 75 000 hommes débarquent au cap Helles à Sedd ul Bahr dont la Première  division Française commandée par le Général d'Amade , tandis que les Anzac (troupes Australiennes et Néo-Zélandaises) le font plus au nord à Gaba Tépé , mais l'effet de surprise est raté , car les défenses Ottomanes avaient été renforcées et étaient habilement établies . Les forces débarquées se trouvèrent donc bloquées entre la mer et les collines tenues par les Ottomans . Dans le camp Ottoman se trouvait le Colonel Mustafa Kemal , qui devait devenir Président sous le nom de Kemal Ataturk , pour moderniser le pays et instaurer une république laïque.

Sur la côte asiatique , le détachement Français , aux ordres du Colonel Rueff , avec le 6éme R.I.M.C comporte un bataillon blanc , deux bataillons de Sénégalais et une batterie de 75 . Il parvient à prendre pieds grâce à l'agilité et à la bravoure des Sénégalais qui délogent les Turcs du fort à la baïonnette . 500 Turcs se rendront le 26 et sont faits prisonniers . Cette opération a coûté 176 tués , 129 disparus et 471 blessés . Mais le détachement est rappelé par le Général Hamilton en raison des pertes sévères que subissent les Britanniques pour participer au combat à Gallipoli...

Au total, l'expédition a coûté la mise hors de combat de 200.000 Britanniques et Anzacs et de 50.000 Français . Les unités de Gallipoli après l'évacuation de la presqu'île seront dirigées sur Salonique pour participer au Front d'Orient qui connut une progression glorieuse avec le Général Franchet d'Esperey en 1918 pour s'arrêter aux portes de l'Allemagne.

4 Les rayons X

Pierre et Marie Curie ont  une grande part dans la découverte et les applications chirurgico-médicales du radium. C'est à l'initiative de Marie Curie pendant la Guerre de 14 que sont faites les  premières applications des Rayons X, dans le traitement des fractures de guerre, et la recherche des projectiles. Un examen aux rayons X qui précise et localise tous les détails utiles.