Agenda Culturel

 

 

 

 

 

 

Histoire du lycée Arago: faut-il dire merci aux jésuites?

 

Témoignage de Jean-Marie PHILIBERT

 

Histoire du lycée Arago : faut-il dire merci aux jésuites?

Dialectique de la tradition et de la modernité,

Entre l’élitisme des jésuites et les adeptes de la démocratisation,

De la mixité enfin dans un monde de brutes,

L’école des notables peut-elle devenir l’école du peuple.


Introduction

Je voudrais commencer par une anecdote, elle remonte aux années 1977,1978, au moment où Inspection d’Académie et Rectorat tentaient de convaincre les enseignants, les parents, les lycéens, de l’intérêt de la fermeture du lycée Al Sol et de son transfert vers les lycées Lurçat et Arago : j’étais reçu par l’Inspecteur d’Académie avec une délégation de professeurs d’Al Sol et nous protestions contre les projets de l’administration. Ce cher homme a avancé un argument qui lui semblait imparable s’adressant à des syndicalistes attachés à la démocratisation des lycées ; il nous a lancé comme une tâche des plus nécessaires : « En allant à Arago, vous participerez  à la désaristocratisation de cet établissement qui en a bien besoin. » Arago, établissement aristocratique ? Si ce n’est aristocratique, un tantinet bourgeois dans la tête des Perpignanais de l’époque. Nous, les ploucs de service à l’assaut d’une bastille locale. C’est dans cette histoire d’un établissement pour une élite bourgeoise qu’l faut situer le lycée Arago, comme beaucoup de lycées de garçons des métropoles de province ; la division de la société ne s’est jamais arrêté à a porte des établissements scolaires.

L’histoire officielle du Lycée Arago commencerait en 1808 avec la création d’un collège communal dans le cadre de la politique scolaire que met en place le premier Empire. La commune, la population aurait souhaité un lycée, comme il s’en créée ailleurs, ici ce ne sera pas le cas. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce raté initial dont l’établissement portera longtemps les séquelles. Mais ce qui est important de souligner, c’est que 1808 n’est pas pour l’établissement un Pont d’en Vestit un départ ex nihilo. Un établissement scolaire a existé à cet endroit, existe encore ; il a une histoire, compliquée et riche, qui permet de comprendre pourquoi les choses se sont passées ainsi. Il a déjà des éléments de permanences dans les pratiques en cours, dans les enseignements dispensés, dans les relations riches avec le tissu local, avec les autorités locales, avec la bourgeoisie locale qui a fait confiance à l’établissement pour la formation de sa progéniture. Ces éléments de permanence permettent de remonter jusqu’aux fondements de l’institution par les jésuites.

Ceci n’est pas un travail d’historien, je n’en ai ni les compétences, ni les ambitions. Je me suis appuyé sur le travail réalisé par Jean-Marie Rosenstein et publié chez Terra Nostra « Histoire du lycée Arago 1808/2008 » à laquelle je suis redevable de la majorité s des données historiques, ainsi que sur la revue RICOCHET qu’édite depuis des décennies l’AAA, l’Amicale des Anciens d’Arago. C’est un défi que je me suis lancé à moi-même et quand la présidente de l’APHPO, Madeleine Souche, m’a demandé si en tant qu’ancien d’Arago je connaîtrais quelqu’un susceptible de parler de l’histoire du lycée. En quelques secondes, je me suis dit tu as passé près de 40 ans de ta vie dans ses murs, voyons si tu sauras en écrire l’histoire. Je lui ai dit « moi ! »t me voila. Je vous laisse juge de ma capacité à relever cet auto défi.

Un témoignage sur un monde disparu

C’est un témoignage de première main que je vous propose comme support à cette intervention, une expérience qui a duré quelques années et qui a commencé pour moi à l’âge de 6 ans  pour se terminer à l’âge de 60 ans. Une durée de 54 ans qui a vu disparaître un monde et surgir une réalité nouvelle le plus souvent fort éloignée de l’ancienne. C’est le temps où les établissements scolaires, et plus particulièrement le second degré, ont connu une mutation qui en a pratiquement changé la fonction et la nature : de l’école de l’élite à l’école de l’enseignement pour tous ( ?). Une explosion démographique, une demande exponentielle d’enseignement, les errements des politiques de la mise en place de cette politique scolaire et une difficulté à saisir l’ampleur  des modifications en cours. Une grande entreprise de démocratisation avec ses hauts et ses bas, ses résistances et ses accélérations.

Un des signes pour le lycée Arago : c’est pratiquement la disparition totale des lieux dans lesquels ces mutations se sont opérées. Je pourrais dire que j’ai vu un monde s’écrouler autour de moi. C’est le cas des bâtiments qui abritaient es classes primaires du lycée et qui étaient situées  à l’actuel quai de Lattre de Tassigny entre le Tribunal et la Chambre de Commerce. Des chutes de neige intempestives avaient lézardé un mur et les classes ont dû être évacuées et détruites. Le vieux bahut a connu une agonie plus lente mais tout aussi irréversible … pour être remplacé par un parking. Le déplacement dans les locaux que l’on ne finissait pas de finir du nouveau lycée allait marquer une rupture absolue entre le monde ancien et le monde d’aujourd’hui. Encore que des formes de permanence permettaient de faire un lien et de montrer que le temps n’efface pas tout.

Pour être plus précis dans ma scolarité, je suis entré au lycée Arago en 10e (équivalent du CE2) en 1950, j’ai passé l’examen d’entrée en sixième en 1954, j’ai fait mes 6e et 5e au vieux lycée, puis j’ai intégré le nouveau lycée. Voilà pour le parcours d’élève et en tant qu’enseignant, j’exercé dans l’établissement de 1978 à 2004, périodes longues et denses où les modèles anciens vacillaient.

Les origines XVIIe XVIIIe siècles

C’est sur un fond de rivalité entre l’Université et les jésuites que va s’implanter l’enseignement secondaire à Perpignan. L’Université fondée en 1349 st en déclin, au début du XVIIe siècle elle compte trois chaires qui correspondent au cursus du collège : une de rhétorique et deux de grammaire. Elle est liée au pouvoir politique local et elle ne jouit pas d’une très solide réputation.

La création des universités est à mettre au crédit de l’évolution lente qui conduit de Charlemagne aux années 1100 ; elle mêle les origines chrétiennes et antiques. Elles se mettent en place sous l’autorité des évêques.

Les programmes couvrent les 7 arts libéraux constitués :

-par le trivium ou arts philologiques et logiques, grammaire, rhétorique, dialectique.

-par le quadrivium ou arts des nombres arithmétiques, géométrie, astronomie, musique.

- Le trivium se présente comme une propédeutique et préfigure les humanités. Le maître se borne le plus souvent  à lire les textes et à les commenter.

La répartition des spécialités à enseigner  se fait entre les 4 facultés :

-Faculté des arts, -Faculté de droit, Faculté de médecine, Faculté de théologie.

Une pédagogie très scolastique, qui faute d’une maîtrise existante du raisonnement expérimental, s’appuie sur les opinions existantes, sur les œuvres consacrées qu’il s’agit de commentaires.

 

Du collège Saint-Laurent…

Les jésuites espagnols sont appelés par l’évêque Onofre REART (1599/1609) ; ils s’implantent dans la ville. Ils sont relativement bien acceptés. Ils achètent une maison sur l’emplacement de l’actuelle place de la République et y ouvrent un oratoire dédié à Saint-Laurent. Ils cherchent à transformer leur résidence en collège mais l’hostilité de l’Université les en empêche. La captation d’un héritage conséquent leur permit d’obtenir de Rome l’autorisation de transformer en collège leur résidence en 1617.

Á partir de 1642, grâce à l’occupation française les jésuites ont les faveurs de la monarchie française pour soutenir la politique de francisation des élites locales. Les consuls de Perpignan cèdent aux jésuites les deux classes de grammaire en 1643. Les jésuites ajouteront une classe de rhétorique, l’Université jouant la concurrence en gardant sa classe de rhétorique. Cette opposition durera jusqu’au traité des Pyrénées et à l’annexion du Roussillon. Louis XIV demanda aux jésuites d’organiser l’enseignement selon l’usage fait « en France » et d’enseigner la théologie, la philosophie, les lettres et la grammaire. Les jésuites  acquirent les deux chaires de philosophie et une de théologie qui demeuraient à. Ils avaient pris le pouvoir en matière scolaire sur la ville. Dans le même temps, ils avaient acquis des terrains sur l’emplacement de l’actuelle place de la République et avaient commencé des travaux, bâti une église, Saint-Laurent, consacrée en 1682. Mais les travaux traînent en longueur. Ils sont à la recherche de locaux pour les classes.

Au collège Pi

Un ecclésiastique le révérend Onofre Pi  avait instauré en 1667 un pensionnat pour les enfants de sa propre famille.  Il est situé près de la Porte du sel et du Pont d’en bastit. On se rapproche du Vieux bahut. Les volontés du chanoine ne furent respectées que pendant 30 ans. En 1701 la finalité du collège changea, et les héritiers Pi confièrent la direction du collège Pi aux jésuites  qui y logèrent d’autres internes.

Dans le même temps, poursuite lente des travaux sur le collège Saint-Laurent qui obtient en 1723 le titre de Collège royal ; les travaux seront terminés en 1746.  Les jésuites semblent avoir réussi leur pari : un séminaire 40 clercs, 50 pensionnaires  à l’internat et 240 externes.

En 1762 par décision de Louis XV  expulsion des jésuites des établissements qu’ils dirigeaient. L’établissement passe sous le contrôle de l’Université et du Conseil de la ville. Le nouveau personnel est exclusivement composé d’ecclésiastiques. Jusqu’en 1789 on dénombre 240 à 260 élèves, et 50 pensionnaires sont accueillis au collège Pi.

Les jésuites sont contraints au départ, les principes de leur enseignement demeurent. Ignace de Loyola affirmait  que « … tout le bien de la chrétienté et de la société entière dépend d’une bonne éducation de la jeunesse. » Cette éducation suppose ordre et méthode : d’où l’importance du plan d’étude, formation grammaticale, humanités, logique et philosophie, et enfin théologie. Mais tout cela se met en place lentement et s’accompagne de réflexion dont les Ratio studiorum successifs porteront les traces pour dégager des règles pratiques dans l’organisation des établissements : recteur, préfet, professeur, la discipline nécessaire à la bonne marche  des collèges, l’équilibre entre temps de travail et temps de détente, l’enfermement relatif nécessaire pour une surveillance efficace. Concernant le contenu des études ; à un savoir encyclopédique les jésuites opposent une formation exclusivement littéraire basée sur les humanités classiques, sur ces humanités se grefferont des sciences auxiliaires qui constitueront une érudition propice à la maîtrise de l’art de conférer (voir Montaigne et Pascal) que doit posséder tout honnête homme. Les classes seront donc homogènes, il n’y sera parlé que latin, jusqu’à en faire une seconde langue naturelle. La classe de rhétorique en constituera le point d’aboutissement où l’analyse des textes est  poussée le plus loin possible pour conduire les élèves à mettre en œuvre leurs talents en composant eux-mêmes. L’enseignement de la philosophie visait à couronner cet édifice, en mettant la raison au service de la foi. Les autres enseignements, en particulier celui de l’histoire est aussi entièrement commandé par les humanités, la géographie va être introduite progressivement. Les enseignements scientifiques (physique, mathématiques) se nourrissent  des écrits d’Aristote, ils ne seront véritablement mis en avant  que par le biais des nécessités pratiques à travers des connaissances techniques à utiliser dans la navigation ou le génie.

Progressivement ont été introduites dans les enseignements la langue et la littérature française ; mais avec une mise en garde, ne pas en faire des instruments de perversion morale et de dissipation intellectuelle, mais attention uniquement après les premières années d’enseignement et en s’interdisant de goûter aux contes, entretiens ou romans. La version latine sera aussi un moyen de se perfectionner dans la langue maternelle. Cette prééminence du latin, des humanités, de la rhétorique va perdurer jusqu’au début du XX° siècle.

Vers le collège communal

Le 1er mars 1789 un incendie dévaste le collège Saint-Laurent. En 1794 une partie des bâtiments du Collège est rasée pour dégager un espace qui deviendra place de la liberté. L’enseignement est suspendu.

Avec la Révolution française l’Église perd ses privilèges. Les décrets de septembre et décembre 1789 transfèrent aux pouvoirs civils « la surveillance de l’éducation publique et de l’enseignement politique et moral ». L’ancienne organisation scolaire est liquidée. Des projets sont élaborés, le plan de Condorcet est le plus connu. Il envisage un enseignement secondaire résolument moderne. Les réalisations suivent : en 1794 institution des écoles centrales, dans chaque département. Il s’agit de donner un enseignement plus pragmatique : dans la première section (12 ans) dessin, histoire, langues anciennes et vivantes, dans la deuxième (14 ans) mathématique, physique, chimie) ; dans la troisième  grammaire générale, belles lettres et législation). Les méthodes sont plus souples, mais ne plaisent pas nécessairement à ceux qui souhaitent le retour des anciens collèges. Le succès de l’école Centrale de Perpignan est modeste.

Apparaît alors un personnage qui va jouer un rôle important l’abbé Antoine Jaubert. Il a une chaire de philosophie à l’Université de Perpignan dès 1782. Au moment de la Révolution après de multiples péripéties et hésitations il entre dans le mouvement révolutionnaire, mais a du mal à gagner les sympathies des jacobins. Il nourrit le projet d’organiser l’enseignement secondaire dans le département. Il est contraint de s’éloigner quelques temps du département.

En 1795 réorganisation des écoles primaires.

En 1796 ouverture de l’école centrale dans les locaux de l’Université, elle remplace l’ancienne Université de Perpignan. On cherche un local pour l’accueil des pensionnaires et on trouve les bâtiments de l’ancien collège Pi. On laisse l’immeuble à l’abbé Jaubert, à charge pour l’abbé de faire les réparations nécessaires, pour lesquelles il recevra une somme de 12 000 livres .2 Il s’agissait d’un pensionnat privé, mais avec la caution de l’administration centrale pour l’enseignement secondaire. Les plus grands suivraient les cours de l’école centrale, les plus jeunes s’y prépareraient. Dans le programme diffusé par l’abbé il est écrit que l’on préparerait  « pour la république de bons citoyens, pour les familles, de bons fils, de bons pères, de bons époux, et pour la société en général des amis de l’humanité. » Tout cela bien sûr contre de la monnaie sonnante et trébuchante (500 à 700 livres pour les pensionnaires).

En 1797, pour la première année 70 élèves. Dès la 2e année ce sont plus de 180 élèves qui sont accueillis dont un certain François Arago d’Estagel.

Les investissements faits par l'abbé Jaubert ne lui sont pas remboursés.

L'Empire place toutes les institutions scolaires sous son autorité jusqu’à constituer un monopole et à organiser les personnels et les enseignants dans une Université qui est plus qu’une administration, mais une véritable corporation laïque. Les écoles centrales sont remplacées par deux types d’établissements, les écoles secondaires ou collèges tenus par les communes ou des particuliers et les lycées, entretenus aux frais de l’État.

En 1804 l’Instruction publique est réorganisée par l’Empire : suppression des écoles centrales, division de la France en province d’enseignement avec des lycées ou des écoles secondaires communales appartenant aux municipalités mais reconnues par l’État. Bataille des responsables locaux pour obtenir la reconnaissance des établissements de la ville. Négociation aussi avec Jaubert à qui on promet de le maintenir à la tête de l’établissement.

En 1808 le collège Pi est érigé en école secondaire communale.  C’est l’acte officiel de naissance de l’établissement. C’est un lot de consolation faute d’obtenir un lycée.

Les classes en 1812 :

-philosophie                        6 élèves                                 rhétorique                           11

-2° humanités                     15 (2°)                                  1° humanités                       21 (3°)

-2° grammaire                     22 (4°)                                  1°grammaire                       22 (5°)

-2°élémentaire                    21(6°)                                   1° élémentaire                    22 (7°)

Sur ces 141 élèves, 76 apprenaient les mathématiques.

Contenu de l’enseignement :

Belles lettres  françaises, latines (Cicéron, Tite Live, tacite, Virgile), grecques (Anacréon, Sophocle, Euripide, Aristophane, Homère), histoire, géographie et philosophie. Ces classes se font le matin de 7 h 30 à 9 h 30 et le soir répétitions faites par le professeur de 16 h à 19h. Le matin de 9 h 30 à midi et le soir de 13 h 1/4 à 3 h 30, mathématiques, commerce, langues vivantes, écriture, dessin et arts d’agrément.

Les mots d’ordre :

Discipline, uniforme, emploi du temps rigide, vie collective, prière, sanction, récompense, éducation religieuse, mais aussi éducation du corps, clôture. On vit entre soi, loin du monde.

Le Lycée Arago au 19° siècle

1) Les effectifs :

De 1811 à la fin du siècle les effectifs vont croître régulièrement

1812                     141                        1821                     200                       1830                     240

1853                     228                        1863                    301                       1868                     402

1876                     450                       1885                     500                       1900                     579…

Dont le plus souvent plus d’un tiers d’internes.

Tout en restant des effectifs d’un enseignement profondément élitiste.

2) Les problèmes récurrents : les locaux

L’insuffisance et la vétusté des bâtiments obligent l’abbé Jaubert à occuper des locaux voisins. Dès 1819 des travaux d’agrandissement sont entrepris.

Un rapport du Préfet de 1821 précise « les salles et les classes d’études du Collège sont dans un tel état de dégradation que les professeurs et les élèves  courent à chaque instant les plus grands dangers. »

Ce sont ces problèmes pratiques qui justifieront le refus de la transformation du collège communal en collège royal en 1844, malgré les projets de construction et d’amélioration de la municipalité.

En 1853 le Conseil Municipal demande la création d’un lycée impérial, accompagné d’un plan d’agrandissement et  d’améliorations à apporter, mais elle n’aboutira pas.

Aux yeux des responsables la taille de l’établissement, ses effectifs, son quota de pensionnaires, ses résultats, sa situation géographique justifieraient pleinement la transformation de l’établissement.

De 1855 à 1874 des travaux d’agrandissements permanents (réfectoire, créations de classes, gymnase…)

Mais à la fin du siècle constat accablant « cette description des locaux ne fait-elle pas songer qu’il y a une loi sur les logements insalubres, qu’elle est certainement appliquée à Perpignan par la Municipalité et qu’il serait équitable de l’appliquer aussi au collège de cette ville. »

Entre temps divers projets ont avorté, pour obtenir la création d’un lycée, d’abord en 1879, (que l’on pense déjà à appeler Arago), à la sortie de la ville Porte de la République, puis sur l’emplacement de l’hôpital civil qui jouxte le lycée, un peu plus tard, au pied de la Citadelle, et enfin sur le terrain De Chefdebien à la Fontaine d’Amour… Tout le monde se retrouve pour dire qu’il est urgent d’attendre. On espère que la démolition des remparts permettra d’y voir plus clair !

 

3) Et les questions financières

L’établissement reste propriété de la ville qui en confie la direction au principal pour laquelle il reçoit une indemnité. L’abbé Jaubert,  le premier principal du nouveau collège, avait eu la promesse qu’il récupèrerait une partie des sommes qu’il avait mises dans les réparations du collège. Il semble d’après les travaux de Rosenstein que ce ne soit pas le cas.

La scolarité est payante : en 1810, 700 francs par an pour un pensionnaire, 300 pour un demi, une centaine de francs pour les externes. Pour les bourses le principal était tenu d’accueillir un élève boursier pour 25 élèves payants. La ville alloue une subvention annuelle de 6000 francs. Le traitement annuel d’un professeur à la même époque varie entre 1000 et 1500 francs.

Une ordonnance de 1839 autorise les communes à mettre l’administration des collèges en régie ou par convention formelle au compte du principal. En 1840 l’administration du collège est confiée au principal, « à ses risques et périls ». La municipalité s’engage à fournir une somme de 12000 francs qui s’avèrera insuffisante.
Á partir de 1876 la gestion va repasser en régie pour aider au développement de l’établissement qui est devenu un des premiers de France en nombre d’élèves.

Les bouleversements politiques qui n’ont cessé pendant tout le siècle (Empire, Restauration, Monarchie de juillet, IIe République, Second Empire, IIIe° République) ont des conséquences importantes dans le domaine scolaire, les institutions mises en place s’adaptent et perdurent. Une des données essentielles est la loi du 10 mai 1806 qui fonde « sous le nom d’Université impériale, un corps exclusivement chargé de l’enseignement et de l’éducation publics dans tout l’Empire. st la naissance du corps enseignant. L’Université devient une sorte de corporation laïque qui survivra aux différents régimes.

4) Ce qui change

Ouverture sur de nouveaux enseignements :

-dès 1820 ouverture d’un cours de physique expérimentale,

-1826, cours de géométrie et de mécanique appliquée aux arts,

-à partir de 1832 : développement des enseignements de langues vivantes et d’une classe de commerce, le collège devient en faisant cela l’équivalent des collèges royaux,

-1833, 34 : ouvertures de classes primaires et d’une classe de primaire supérieur.

La loi Guizot impose aux collectivités de fonder une école primaire dans chaque commune et une école primaire supérieure dans chaque  chef-lieu, ou ville. Mais l’enseignement élémentaire n’est ni laïque, ni gratuit, ni obligatoire. Un fossé infranchissable sépare les écoles primaires et les collèges royaux : le primaire supérieur sera-t-il un élément de rapprochement. IL y faudra du temps.

-1844, demande de transformation en collège royal, refusée, comme la demande de création d’un lycée impérial en 1853,

-1869, diversification des enseignements :

-implantation d’un enseignement spécial (filière courte : langue, littérature française, histoire et géographie, mathématiques appliquées, physique mécanique, chimie, histoire naturelle et leur application à l’agriculture et à l’industrie, langues vivantes facultatives), pas de grec et de latin.

C’est Victor Duruy qui parvient à créer un enseignement secondaire spécial à contenu moderne (1865) .

-enseignement classique, deux cycles, une division de grammaire commune à tous les élèves (6), 4° et 3° et une division supérieure avec deux orientations une littéraire préparant au baccalauréat de lettres, l’autre scientifique en vue du baccalauréat ès-sciences.
La dernière année, classe de logique ou de philosophie, était obligatoire pour les deux sections.

Les autorités se plaignent que les élèves désertent les lettres pour les sciences.

Proportionnellement les enseignements  secondaires n'ont pas été bouleversés, des adaptations constantes, des ouvertures sur des domaines nouveaux, des structures qui répondent à de nouvelles demandes sociales. Ils ne restent accessible qu’à une petite minorité d’enfants (1 sur 45 en 1842, 1 sur 21 en 1876, soit moins de 5 %), celle qui est destinée à former l’élite sociale. Beaucoup abandonnent  en cours de scolarité (35% en 1865, 47 % en 1887).

Un enseignement qui reste ancré sur les humanités, sur la prédominance du latin, sur le poids de la religion, c’est-à-dire sur un modèle qui n’est pas si éloigné que cela de l’enseignement mis en place par les jésuites.

La question de la laïcité est fondamentale au 19°, où l’on voit l’Eglise et la société civile se disputer le pouvoir sur l’enseignement et au-delà sur la direction des esprits, mais elle semble avoir eu peu de retombées dans la vie d’un établissement scolaire, comme Arago, qui est dirigé pendant cette période par plusieurs ecclésiastiques et où des prêtres sont professeurs. La loi Falloux de 1850 va élargir les pouvoir de l’enseignement catholique et les prérogatives des congrégations en matière d’enseignement ; mais par réaction, elle va aider le clan laïc à mieux se structurer. Cela ne sera pas sans conséquence lors du retour de la République dans la conception d’un grand service public  et permettra ce grand pas qui sera l’affirmation d’un principe, celui de la sécularisation de l’instruction publique, œuvre de la IIIe République. Elle sera parachevée par la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905).

Conclusion provisoire : l’établissement a 600 élèves à la fin du siècle, des améliorations d’urgences s’imposent : il s’agira de l’annexe du quai de Lattre de Tassigny et du bâtiment du Pont d’en Vestit. Ils permettront de faire face au défi du siècle futur.

Le rugby a fait son entrée au collège à la fin du siècle et il devient au début du XXe siècle un sport catalan. L’amicale des Anciens élèves est créée en 1897.

XXe siècle : à pas lents vers la modernité

De la première guerre mondiale était issue l’idée que la solidarité des tranchées, le sacrifice partagé par-delà les classes sociales devraient conduire à fonder un système scolaire non plus fondé sur la division, mais sur l’unité. Le concept d’école unique date de là et va animer les débats, les réflexions, les tentatives de modernisation de l’école et du secondaire en particulier pendant toute la première moitié du siècle. Mais il ne produira véritablement ses effets qu’après le deuxième conflit mondial. Ce mouvement va de pair avec tout un courant de pédagogie moderne qui se développe.

A- Les structures :

Au début du siècle trois formations secondaires sont juxtaposés :

a)  Un enseignement littéraire dont la sanction normale est le baccalauréat ès-lettres, divisé en deux parties depuis 1874.

b)  Les classes préparatoires aux grandes écoles où l’on entrait après la 3e ou la 2e et qui conduisaient ou non au baccalauréat ès-sciences, fondé sous le Second Empire.

Un enseignement spécial à vocation agricole, commerciale ou industrielle qui sera progressivement intégré dans l’enseignement secondaire. Á partir du 1er octobre 1900 est créée une 3e moderne sous le nom de section technique pour les élèves de 3e moderne et de 2e moderne qui sans viser au baccalauréat se destinent à l’agriculture, au commerce ou à l’industrie. Enseignement spécial et enseignement scientifique s’intègrent étroitement au secondaire. Elles deviennent la section moderne.

Les structures du collège en 1912 : elles vont de la 6° A et B jusqu’en philosophie et mathématiques. Il existe une division élémentaire et préparatoire (primaire) et une section espagnole. Pour ceux qui veulent des études courtes : la division B du 1°cycle (6°, 5° 4° et 3°, enseignement analogue à celui des écoles primaires supérieures). Les enfants sont reçus au lycée à partir de 4 ans pour suivre un cursus continu.

Les effectifs : ils passent de 579 élèves, en 1900, à 617 en 1920, à 874 en 1937 à 1032 en 1939 ; en 1938, 952 élèves dont 216 internes, 116 demi-pensionnaires.

Cette augmentation entraine la création d’une deuxième classe de philosophie ;  il y aura cette année-là, bacheliers 110.

En 1937 après l’enseignement primaire création des classes d’orientation en 6°,  6 au collège et une à l’EPS, tout le monde fait du latin.

En 1942 ouverture de la classe philosophie-science.

Le port de l’uniforme pour les internes est obligatoire jusqu’aux années 20.

 

 

 

 

 

B) Le feuilleton de la construction d’un nouvel établissement :

Le feuilleton de la construction d’un nouveau lycée continue, le nouveau projet serait situé dans le quartier Saint Jacques ( emplacement des HLM), 1906, ce nouveau lycée devrait porter le nom d’Arago, il est prévu pour 800 élèves dont 350 internes), on envisage le début des travaux pour la fête du centenaire en 1908.

Des débats politiques vont empêcher cette réalisation, radicaux socialistes craignent une augmentation des impôts.

De 1914 à 1916 l’établissement fut transformé en hôpital. Après-guerre de nombreuses kermesses sont organisées pour élever un monument-souvenir. En 1919 fut scellée une plaque de marbre en l’honneur du maréchal Joffre, en 1925 est inauguré le monument aux morts de Sudre (cette sculpture disparut en 1970 avec la destruction du vieux lycée).

Dans les années 20 pourparlers entre la ville et le ministère pour la transformation du collège en lycée et la construction d’un nouveau établissement, non plus à Saint-Jacques, mais par transformation des locaux de l’hôpital Saint-Jean, projet approuvé en 1928 ; puis en 1932 sur l’emplacement de l’ancien hôpital militaire (terrain qui seront ensuite affectés à la poste).

En 1935, devant les échecs précédents, la décision est prise d’implanter le nouveau lycée sur le terrain Dieudé, aux Quatre Casals. Début des travaux 1936, en 1939 le gros œuvre est terminé.

La guerre et l’occupation provoquent de nombreux remous à l’intérieur du lycée, affaire Henri Abadie, militant socialiste et surveillant général, résistant qui va être arrêté et relevé de ses fonctions en 1941 ;  un autre nom à retenir,  il est encore inscrit dans la salle des professeurs du nouveau lycée, celui d’Edouard Cari-Mantrand, tué en juin 40, une très intéressante allocution du principal d’alors, à la Libération est un  témoignage précis sur cette période.

Les travaux du nouveau lycée ne reprendront qu’en 1947.

Le 22 janvier 1945 le collège de garçon est transformé en lycée national, au mois de juin on lui donne le nom du savant François Arago.

 

856 élèves dont 230 pensionnaires, le collège moderne en rassemble 674 soit un total de 1530.

Le temps des réformes commence enfin.

Milieu du 20° : Les bouleversements commencent et ne s’arrêteront plus

Avec la Résistance, la fin de la guerre, la victoire sur le fascisme, la montée des luttes sociales, les revendications démocratiques, la demande forte d’éducation, la nécessité de reconstruire le pays, les données de la politique scolaire vont changer : le plan Langevin-Wallon dresse l’horizon des réformes à faire, il est urgent de passer d’un enseignement élitiste à une école démocratique. C’est l’enjeu de cette période que l’on va retrouver sous tous les gouvernements avec des fortunes diverses, mais avec une même ambition. Faire parvenir au baccalauréat, ou à un diplôme équivalent le maximum d’élèves. Cela passe par une bataille idéologique de tous les instants sur l’idéologie des dons (sont-ils tous capables ? aujourd’hui le débat n’est pas clos !). Et sur les contenus à transmettre (quelle culture pour la multitude ? Les modèles classiques restent-ils pertinents ?). Mais cela impose dans l’immédiat des changements de structures importants : il faut des bâtiments uniques, des formes uniques pour un enseignement unique.

1) L’Ecole primaire Supérieure

Le premier de ces bouleversements, c’est en 1951 la fusion du collège moderne et du lycée pour former un lycée unique, sous la houlette de Jean Vieilledent, principal du collège, il était auparavant directeur de la SUP (École primaire supérieure).

L’enseignement primaire supérieur existe depuis 1833 (loi Guizot), il connaîitra son plein développement avec les lois Ferry de 1881, il s’agit d’un enseignement primaire et professionnel, différent du secondaire, il s’agit de former, dit-on en 1920, « les cadres de l’armée économique et administrative ».

 

En 1937, les programmes des sections générales deviennent les mêmes que ceux du premier cycle moderne de l’enseignement secondaire. Ces EPS ont été transformées en section moderne des collèges, ainsi en 1941 la Sup (jean Moulin) de Perpignan.

En 1951 unification des deux institutions, les élèves entrant en 6e font tous du latin, un seul examen d’entrée est prévu, l’orientation se fera en 5e.

En 1951 l’effectif monte à 1702 élèves (8 classes de 6e).

 

2) Le nouveau lycée

e

 

 

En 1952, les structures de l’établissement préparent à toutes les sections du bac, A, B, C, moderne long, moderne court, moderne technique (arts et métiers), moderne commercial. Pour la 2° partie du bac : philo lettres, philo-sciences, mathématiques technique.

Le 8 octobre 1953 (pour le centenaire de la mort d’Arago) inauguration du nouveau lycée, prévu pour 1200 élèves, il y en a 1900.

En 1955 : rentrée effective au nouveau lycée, les 6° et 5° restent au vieux lycée, en 1958 toutes les classes seront au nouveau lycée  à l’exclusion des classes primaires qui resteront au vieux lycée jusqu’en 1967, il y a 2000 élèves, on implante des préfabriqués au nouveau lycée, il y en aura 2300 en 1958.

En 1958, on fête le tri-cinquantenaire de la fondation du lycée, qui est l’occasion, d’un retour sur l’histoire et d’une grande montée de nostalgie sur les modèles qui s’effondrent  (voir discours de Calvayrac).

3) Ça déborde

Pendant ce temps les effectifs croissent toujours 2576 élèves en 1961.

En 1963-64 transfert des sections d’enseignement technique au nouveau lycée du Clos  banet.

Jusqu’en 1968 les effectifs se stabilisent autour de 2500 élèves  dont 450 internes pour lesquels 10 dortoirs sont nécessaires, le seuil de dédoublement des classes est de 50.

Dès 1966, transformation du premier cycle, ouverture de classes de transition, puis ouverture des classes de CEG, ce cycle sera supprimé progressivement de la 6e en 1971 à la 3e° en juin 1974, ce sont les conséquences de la mise en place des collèges (uniques ou presque).

1968 et les années qui suivent mettent de l’animation politique et syndicale dans la vie du lycée, ce n’est pas du goût de tout le monde, nous sommes très loin de la discipline jésuite.

Un monde disparaît, on détruit le vieux bahut entre 1970 et 74 pour le remplacer par un parking, sans commentaire, la bagnole a remplacé la culture classique, tout un symbole !

4) Mixité et polyvalence.

La problématique de l’école unique incite, pour affronter la difficile question de l’échec scolaire qui reste massif, de chercher des réponses dans la diversification des enseignements, dans les formes diverses de polyvalences qui se mettent en œuvre pour apporter aux jeunes un enseignement qui a priori pourrait sembler plus proche de leurs attentes et plus ouverts sur les réalités contemporaines. C’est une constante des projets de réformes élaborés, mis les succès sont mitigés. La problématique reste entière et les échecs restent présents et le plus souvent connotés socialement. Même unique l’école continue de diviser et toutes les voies ne sont pas royales.

Se recréent à l’intérieur des établissements des filières plus prisées que d’autres, qui servent d’images de marque à l’ensemble de l’établissement et assurent sa réputation

Á partir de 1972, un changement considérable, l’introduction de la mixité généralisée dès la classe de 2°, la vie sexuelle de centaines d’adolescents en est profondément marquée.

EN 1974, introduction des séries  section économique et sociale, nouvelle section B.

Ouverture d’une bibliothèque, d’un CDI et baisse des effectifs consécutive au départ du premier cycle vers le collège Pagnol, 1200 élèves en 1977.

En 1979 avec le transfert des sections d’al Sol transformation du lycée en lycée polyvalent, bac G,  les effectifs remontent  1680 élèves en 1984, c’est donc un moment de désaristocratisation…

Ouverture vers le post bac, BTS technico-commercial, BTS Tourisme, Certificat d’études comptable, puis BTS comptable.

En 1989 ouverture des classes préparatoires aux grandes écoles, les effectifs remontent encore, plus de 2000 élèves. Ça ne se ré-aristocratiserait pas un peu ?

Conclusion non définitive :

Et les jésuites ? Et leurs principes, leurs méthodes ? Les humanités ? L’enseignement élitiste ? Arago a-t-il été désaristocratisé ?

Certes la loi du nombre semble en attester ! Les principes de recrutement sont ceux d’un enseignement ouvert à tous. Les enseignements dispensés s’inscrivent dans une politique scolaire globale qui fait de la démocratisation des enseignements le socle commun de nos références. Il n’empêche que dans les têtes, les comportements, les préjugés, les choses ne sont peut-être pas aussi simples, que des traces de l’ordre ancien traînent ici ou là dans les consciences, qu’une méritocratie n’est pas morte qui semble sous-entendre que c’est là un établissement qui se mérite parce qu’il n’est pas tout à fait comme le commun des établissements.

Deux arguments viennent étayer mes propos :

La décision prise par le rectorat d’implanter à Arago les classes préparatoires, c’était, il a une vingtaine d’années, le lycée Lurçat bataillait ferme depuis plusieurs années pour les obtenir et avait un projet très avancé ; la décision du rectorat s’est appuyée sur l’élément invérifiable que ces classes-là ne pouvaient être que dans l’établissement « le plus prestigieux de la ville ». Résistances de l’aristocratisation… Sans doute !

Dernier arguments, les bâtiments : ils expriment plus dans leurs formes, leurs dispositions, leurs organisations, le lycée d’antan, le lycée napoléonien, (le nouveau lycée, comme on dit,  a été sans doute un des derniers construit selon ce modèle) avec ces cloisonnements, ses ordres, ces espaces, ces clôtures. Et pourtant pour y avoir passé de longues heures, pour en connaître tous les espaces, je pense que l’établissement est aussi ouvert sur le monde que tous les autres établissements, que s’y expriment les mêmes ambitions, les mêmes aspirations que partout ailleurs celles d’une émancipation par le savoir, la connaissance, l’éducation, celle de la construction d’un rapport aux autres et à la société riche de toutes les potentialités de chacun qu’il s’agit de conduire au plus haut niveau , que beaucoup y voient un moment de promotion et d’émancipation. Et l’on retrouve l’ambition des enseignements de second degré, leur exigence du haut niveau et ce que d’aucun ont appelé l’élitisme républicain. Nous ne sortons pas du paradoxe ! Pourquoi faudrait-il en sortir ?

Bien des pistes sont encore à explorer : école bourgeoise , école du peuple; méthodes d'enseignement, vie syndicale et politique dans le lycée...

Petite bibliographie

RICOCHET, revue de l'Amicale des Anciens d'Arago.

Le site de cette active association, AAA ,donne d'intéressantes informations sur le devenir des anciens élèves , leur implication dans le devenir du lycée et les réseaux d'ouverture sur le monde de l'établissement.

Rosenstein Jean-Marie, Du vieux bahut au nouveau Lycée : Histoire du lycée Arago à Perpignan 1808-2008.

 

En mettant sur ce site,  ce témoignage , nous avons remarqué cet article de L'Indépendant du 16 avril 2013, qui en relatant  une visite du Président de la région Languedoc-Roussillon en charge des lycées, nous renvoie à la pertinence des observations  de Jean-Marie Philibert :

PERPIGNAN. En travaux depuis l'été dernier, l'établissement qui s'étend le long de la Basse se refait une beauté. Visite de chantier. « Un lieu emblématique pour ce département », « un symbole » , « un établissement cher aux Perpignanais », « un lycée historique" ... Les qualificatifs employés pour évoquer la grandeur du lycée François-Arago à Perpignan, en plein chantier de rénovation, ne manquent pas. Réunis hier dans la cour des micocouliers baignée de soleil pour faire le point sur l'avancée des travaux, les élus, représentants de l'Éducation nationale, le corps enseignant, les parents d'élèves, des anciens et des élèves actuels ont découvert l'étendue du chantier réalisé et celui restant à faire. "Ce lycée est rentré en lourde restructuration. Il en avait bien besoin. Et le résultat est très beau, souligne en préambule Jean-Paul Siriyes le proviseur en rappelant l'investissement de la Région. J'ai cru comprendre que vous pourriez nous annoncer une bonne nouvelle, ajoute-t-il s'adressant à Christian Bourquin, et notamment la réalisation d'une salle polyvalente dans nos locaux".

16,7 millions investis

Le président de la Région a acquiescé, confirmant la création d'une salle polyvalente, avant de reprendre le calendrier des travaux de l'établissement. Trois phases ont été établies pour cette rénovation. La première qui a démarré en juillet prendra fin en septembre et concerne la restructuration de l'internat avec des chambres individuelles, la rénovation des cages d'escalier, l'aménagement de la cour des micocouliers, le remplacement des fenêtres et menuiseries, la mise aux normes des labos... La seconde tranche, qui doit démarrer en septembre, concerne la restructuration de l'administration, des logements de fonction, de la loge, la rénovation des façades ou encore l'extension de la salle des professeurs. Enfin la troisième étape de ce chantier, programmée pour l'été 2014, s'occupera essentiellement des aménagements extérieurs, de l'entrée de l'établissement avec un parvis entièrement dédié aux piétons, de la restructuration de salles de classe et de la création de la fameuse salle polyvalente. Au total, 16,7 millions d'euros sont consacrés à ce chantier. "Il est important de prolonger la vie d'un tel bâtiment, explique un architecte de Rayssac l'agence narbonnaise ayant en charge le chantier, de lui donner une pérennité nouvelle pour les 50 ans à venir". Et Christian Bourquin de glisser avec un sourire : "Et ce que les autres feront dans 50 ans...» La réfection totale de l'internat a débuté.

 

M.S